36 (suite)

36 (suite)
Dans une grande cage en argent juchée sur un piédestal de la même matière se trouvait un grand oiseau fin au somptueux plumage jais dont les ailles étaient ciselées de blancs. Ces prunelles d'un vert presque noir se cernaient d'un rouge vif et son bec était entouré d'un bleu nuit. Son long cou luisant était semblable à celle d'un cygne et se fines serres puissante le maintenait sur son perchoir argenté. Ses yeux perçants avaient une expression indéchiffrable qui frappa la porteuse en plein c½ur. Elle fronça les sourcils et se rendit aux côtés de ses invités, poussée par un sentiment complexe et familier qu'elle ne parvenait pas à interpréter.
Parvenue devant la volière, Sirha s'arrêta et tenta d'examiner l'animal sous tous ses angles.
- Il ne chante même pas, grogna Helen, allons voir les autres.
Le groupe se désintéressa rapidement du volatile et se détacha de la cage pour se planter devant celle d'une autre petite créature dorée qui gazouillait joyeusement en voletant dans tout les sens.
- Qu'il est adorable !
Sirha elle n'avait pas bougée, frappée par l'essence qui se dégageait de l'oiseau.
Une sensation de familiarité et d'éloignement emplissait son être et elle cligna plusieurs fois des yeux, troublée, avant d'avancer d'un pas en direction des barreau- en restant tout de même à bonne distance du volatile. Elle tendit une main en direction de ce dernier mais elle se figea, sentant que la créature était plus qu'un simple animal. La sagesse de ses pupilles morne et sans vie pétrifiait la porteuse qui cherchait à comprendre le détail qui lui échappait. Son écuelle était remplie de nourriture, signe qu'il n'y avait pas touché, il en était de même pour son eau. Il ne bougeait pas, si ses yeux ne brillaient pas d'une nostalgie infinie, Sirha aurait pu croire qu'il était de pierre tant il restait immobile.
Poussée par son intuition, Sirha s'avança encore pour refermer ses doigts fin sur les barreaux glacés de la cage et poser son front contre, à l'endroit où elle pouvait l'observer sous un angle de vue assez large.
L'oiseau ne bougea pas davantage et ils restèrent ensemble, silencieux pendant de longue seconde. La jeune fille n'entendait plus des piaillements des demoiselles qu'un écho flou et lointain qui s'envolait ailleurs. Tout son être était tourné vers cette créature fascinante et mystérieuse. Sirha n'avait jamais vue de pareil être mais cette impression de familiarité la troublait profondément. Elle soupira, l'air ennuyée.
C'est alors que l'oiseau bougea d'un mouvement infime, tellement minime qu'elle se demanda si la fatigue ne lui jouait pas des tours. Fronçant de nouveau les sourcils, elle attendit. La créature resta immobile pendant quelques instants avant de se mouvoir de nouveau, pivotant sur son cou avec grâce. Comme s'il s'éveillait d'un long sommeil, ses yeux s'illuminèrent d'une mélancolie indescriptible teintée d'inquiétude, comme en état d'alerte. La jeune fille crût qu'il avait enfin perçut sa présence et s'apprêtait à reculer, ne voulait pas paniquer l'oiseau dont l'instinct était celui d'une créature des airs, sauvage et craintif. Sirha se figea en s'apercevant qu'il se tournait en réalité vers elle, comme s'il avait perçut un signe distinctif de sa part. L'oiseau déploya furtivement ses ailes, dévoilant un arc-en-ciel où ses couleurs vives luisirent furtivement. Il tordit sa tête sur le côté, comme s'il cherchait à saisir qui elle était avant d'avancer lentement par petit pas et de s'arrêter à environ un mètre d'elle, semblant regarder ses mains puis sa poitrine.
Troublée, Sirha porta sa main à son cou, sur son médaillon. Il était couvert par du maquillage, invisible à l'½il humain, ce n'était pas possible qu'un oiseau, aussi étrange soit-il, puisse le voir. Et quand bien même cela serait possible, quelle importance pouvait-il avoir pour une créature tel que celle-ci ?
Sirha resta pétrifié devant l'intérêt de l'animal. Ce dernier tendit son long cou à son extrême et après un moment d'attente, il frôla de l'extrémité de son bec la paume que la porteuse venait d'ouvrir. Un frisson parcourut la jeune fille et le volatile resta dans cette position, attentif.
C'est alors qui se retira, l'oiseau émit une plainte. Cette seule note était emplit d'une telle tristesse que Sirha se sentit littéralement transpercé par cette lamentation. Son c½ur se tordit, son estomac se noua et le son s'incrusta dans l'air pour résonner encore et encore. La note s'éternisa dans l'air, pur comme le cristal et lorsqu'elle se perdit dans l'air, Sirha aurait juré que s'atmosphère s'était refroidie. Elle recula en frissonnant tandis que l'oiseau retournait mollement sur son perchoir tout en gardant un ½il sur elle avant de retomber dans sa léthargie. Le médaillon ne lui envoyait aucun signe de désaccord ni de méfiance, il se contentait d'être là, à émettre ces sortes de pulsation qui se fondait avec celle de son c½ur.
- Mademoiselle Sirha, venez voir !
La porteuse releva la tête et se tourna en direction de l'appel, encore emplit de cette lourdeur, cet impact douloureux qu'avait eut sur elle le son produit par l'oiseau. Elle s'éloignât de la cage à contrecoeur avec le poids du regard morne et résigné de l'oiseau sur ses épaules. Feignant de s'intéresser à la trouvaille de ces demoiselles de compagnie – un imbécile d'oiseau au plumage ébouriffé – la porteuse plongea dans ses pensées, pourtant incapable de se concentrer sur autre chose que le grand volatile qui fixait le vide à quelques mètres d'elle.
La jeune fille se mit à l'écart du groupe sans vraiment s'en apercevoir, elle s'approcha d'un rosier et effleura un pétale extrêmement pourpre, comme gorgé de sang. Sirha fronça les sourcils, et tourna légèrement la tête, poussée par une intuition étrange.

~
Galbatorix et Murtagh marchait dans le jardin, le jeune dragonnier légèrement en retrait par rapport à son maître.
- Le Surda se trouve dans une position délicate envers notre empire, mon Roi mais le réduire à néant serait une action quelque peu démesurée. Puisque ce sénile d'Orrin a bêtement décidé de s'opposé à vous, il en paiera les conséquences, avec votre permission, sa mort sera chose facile et vous pourrez aisément vous déclarer maître de ces terre prétextant un testament, un document quelconque pour les vous attribuer.
Galbatorix releva la tête et ne répondit pas, ses yeux perçant fouillant les bosquets d'où s'échappait des rires et des exclamations. Murtagh leva un sourcils, quelque peu surprit ; Galbatorix avait-il convié des aristocrates en ses propres jardin, une chose ne s'était jamais –ou très rarement- produite. En continuant leur entretint, ils eurent le loisir de voir une demi-douzaine de jeune demoiselle plaisanter et s'exclamer devant les propriétés du roi avec grâce et bonne humeur quelque peu enfantine. Le jeune dragonnier ne voyait pas où ce dernier voulait en venir. En quel honneur avait-il fait pénétrer dans ses jardins toute une pléiade de damoiselle ? Murtagh n'en voyait pas l'intérêt aussi il se reporta sur le visage de son maître pour tenter de savoir ce qu'il planifiait. Il suivit son regard et découvrit Sirha auprès de l'oiseau que Galbatorix avait fait capturer aux alentours du Duweldenvarden. La scène qui s'ensuivit fût observée minutieusement par le deux dragonnier, après quoi ils se remirent à marcher.
- Intéressant, murmura Galbatorix, ses yeux de serpent fixant sa propriété dans son ensemble.
- Quand irons-nous chercher l'½uf ? Demanda le jeune homme en jetant un rapide coup d'½il en direction des cages, Sirha n'y était plus.
- Dès qu'elle sera prête et que nous le serons aussi.
Murtagh comprenait à présent les plans de son maître, il n'aurait pas été judicieux de présenter tout de suite la jeune fille à l'½ufs car dans le cas où il éclorait, Sirha était encore trop sur la défensive, elle ne pourrait que trop s'enfermer dans une relation avec un dragon et Galbatorix risquait de ne plus pouvoir en faire ce qu'il souhaitait. Ils avaient tout intérêt à attendre, même si l'entraînement de la porteuse devait avancer au maximum.
- Est-ce que son apprentissage avance à un rythme convenable ? Demanda Murtagh avec intérêt.
Il avait vaguement suivit l'avancement de la porteuse mais n'avait aucune idée du niveau de ses acquis.
- Tu auras toi-même le privilège de l'évaluer à la fin de son apprentissage.
Le jeune dragonnier en resta perplexe puis se remémora que le roi faisait toujours en sorte qu'il soit le prolongement de sa personne, qu'il prenne conscience des avantages de sa position, il se reprit, conscient que son mentor attendait de lui de la gratitude :
- Je vous remercie, maître. Déclara-t-il sobrement.
A vrai dire, il ne savait que penser de tout cela, mais il voyait en ce privilège un moyen de cerner un peu plus précisément la porteuse. Ils continuèrent à marcher pendant quelques instant, Galbatorix établissant ses stratégies de guerre sans vraiment dévoiler celle qu'il avait prévue pour le Surda.
Soudain, Sirha fut devant eux, à quelques mètres. Ils continuèrent à marcher et la jeune fille ne les aperçue pas tout de suite.
Murtagh la détailla rapidement ; vêtue d'un longue robe assez simple, la couleur pourpre mettait en valeur son teint et ses formes. Le regard perdu, à l'écart de ses demoiselles de compagnie, elle était la mélancolie et la solitude incarnée, avec toujours ce vide et cet inaccessibilité de conscience agaçant et frustrant pour le jeune dragonnier.
C'est alors que la jeune fille perdit immédiatement sa mélancolie, elle releva la tête et les aperçue. Immédiatement, Murtagh put sentir que son esprit se refermait instinctivement et le dragonnier dût se retenir avec force pour empêcher le sien de bondir contre celui-ci, comme il avait l'habitude de faire avec les autres. Il n'aurait eût aucun mal à réduire à néant la conscience de la jeune fille, à la manipuler, à faire ce qu'il souhaitait d'elle – à part peut-être l'étrange endroit qu'il ne pouvait atteindre- mais son statut de protégée du roi la plaçait dans une position d'intouchable. Ce l'agaçait profondément, lui qui dominait n'importe quelle personne, qu'une simple jeune femme – certes, hors du commun- soit hors d'atteinte. Néanmoins, il sentait que la porteuse devenait de plus en plus intrigante, voir presque intéressante et finalement il était content d'avoir à l'évaluer dans le futur. Peut-être cela lui permettrait d'en savoir un peu plus sur son rôle et les capacités que lui confédérait son état de porteuse du médaillon.
Galbatorix sentit son effort et sourit d'un air entendu avant de planter ses yeux dans ceux pétrifiés de la jeune fille. Elle resta figée pendant un moment, tel une biche surprise au milieu d'un champ.
~

Sirha jaugea du regard les deux hommes qui ne se gênaient pas pour la détailler. Galbatorix inclina la tête galamment pour la saluer comme il l'aurait fait avec n'importe qu'elle aristocrates, insistant un peu plus. Les bras le long du corps, elle recula de quelques pas sans les quitter des yeux pour se retourner, rejoignant les demoiselles qui l'appelait, impatiente de poursuivre la découverte des jardins. Le médaillon commençait à grogner à causer de la présence du roi. Sentant le regard des deux hommes dans son dos, elle se rendit auprès du petit groupe qui redoubla en matière de pépiement et de bavardages incessants. Du coin de l'½il, elle regarda Galbatorix et Murtagh qui continuait leur entretient et s'enfonçait au milieu des allées et des bosquets. Tentant de ce concentrer sur la conversation encours, elle se rendit compte que le médaillon était toujours sur le qui-vive et la jeune fille s'employa à le calmer du mieux qu'elle put. Vrrana finit par revenir, plus tendue que jamais :
- Il va falloir que vous quittiez rapidement ces jardins, Mesdemoiselles, leurs souffla-t-elle, le roi est ici et il serait regrettable de l'importuner.
Les jeunes files commencèrent à chuchoter d'un air existée :
- Le roi est là, ce n'est pas possible !
Vrrana leur pria fermement de se taire et de la suivre en silence, expliquant qu'elle reviendrait raccompagner Sirha à ses appartements mais que cette dernière devrait attendre seule qu'elle aie escorté le petit groupe jusqu'aux portes du château.
La porteuse hocha la tête et répondit brièvement aux salutations chaleureuses d'Helen, Lunae et de leurs amies, un peu nerveuse à l'idée de rester seule en présence des deux dragonniers de l'empire dans un espace clos.
Une fois les rires et les exclamations perdues au tournant du couloir dans lequel s'engouffrèrent les demoiselles, Sirha se retourna vers la grande cage et retourna auprès de l'oiseau, jetant des coups d'½il furtif aux alentours pour tenter de repérer les deux hommes, percevant juste quelques éclat de voix graves et feutrées.
L'oiseau avait retrouvé sa léthargie et ses yeux fixaient le vide. La jeune fille reprit sa position d'avant, contre les barreaux, de nouveau absorbé par sa contemplation bien que surveillant de temps à autre les allées et venue du roi et son bras droit, avec l'impression désagréable d'être observée. Les yeux noir et pénétrant de Galbatorix la poignardaient tandis que les prunelles azur du jeune dragonnier l'agressaient moins mais ne la mettait pas plus en confiance, bien au contraire.
C'est alors qu'un soldat s'incliner profondément devant le roi et lui remettre un parchemin ocre teinté d'encre rouge. Galbatorix se redressa en considérant la missive puis murmura quelques mots à l'intention de Murtagh qui hocha la tête d'un air sérieux avant de la regarder et de se diriger vers elle tandis que le roi s'en allait. La jeune fille se raidit et jaugea du regard le dragonnier qui s'avançait d'un pas rapide vers elle.
S'efforçant de rester détendue – en apparence du moins- la porteuse ne put retenir un léger mouvement de recul quand le jeune homme fut à peine à deux mètre d'elle. Il s'arrêta et la salua brièvement d'un imperceptible mouvement de la tête, ses deux yeux se plantant dans les siens sans animosité avec une voix dépourvue de sentiment :
- Le Roi vous fait savoir que ses obligations l'oblige à reporter son entretient quotidien avec vous à plusieurs jours.
Sirha hocha la tête sans le quitter des yeux une seconde. Murtagh s'en alla vers la porte où le roi était partit après l'avoir très brièvement saluée. Vrrana s'en revint en marmonnant et l'invita à la suivre ce que la jeune fille s'employa à faire, restant néanmoins en retrait.
La vieille femme sortit la première des jardins et la porteuse s'attarda quelque peu devant la cage du grand oiseau, s'en éloignant à regret. Murtagh était à présent dans l'embrassure de la porte opposée.
Soudain l'oiseau se mit à entonner un chant dont la tristesse bouleversa et atteignit Sirha en plein c½ur, elle se pétrifia et porta une main à sa bouche, stupéfaite, frappée au plus profond d'elle-même par cet enchaînement de notes de cristal plus pure les unes que les autres. Elle resta sans voix devant le volatile.
~
Murtagh se retourna, il n'y croyait pas.
L'oiseau chantait, une première, et en plus il le faisait pour la porteuse.
Cette bestiole avait pour particularité de moduler son chant en fonction de la personne qui se trouvait devant lui mais cette race perdait cette futilité en captivité, si bien que lorsque Galbatorix l'avait invité à se poster devant lui pour vérifier ce fait, il avait refusé de chanter pour lui. Et maintenant il le faisait, et pas pour n'importe qui. Le chagrin profond qui émanait de la gorge de l'animal marqua le jeune dragonnier qui posa ses yeux sur la porteuse, figée elle aussi. La bouche ouverte et ses doigts fins devant, Sirha resta parfaitement immobile pendant tout le temps que continua à chanter l'oiseau.
Déployant ses ailes, il monta dans les notes les plus hautes, les plus parfaite, frôlant la nature angélique et divine pour finalement ralentir et descendre dans les graves, lourd et résonnant comme une sentence. Le dernier son résonna encore et encore, faisant vibrer l'atmosphère. Le dragonnier regarda Sirha pour voir comment elle réagissait, elle l'interrogea du regard, bouleversée, le souffle court. Murtagh la dévisagea, ses cheveux et l'étoffe de sa robe se teintant d'un éclat miel et pourpre dans le ciel reflétant le soleil couchant. L'instant qui les lia pendant plusieurs secondes se brisa et Sirha recula.
Le jeune dragonnier la regarda sortir à toute vitesse en un tourbillon d'étoffe incarnat et se gratta le menton en révisant tout ce qu'ils savaient sur la porteuse.
~
En ce déshabillant ce soir là, le regard de Sirha resta perdu dans le vide, encore plongée dans les évènements de la journée. Elle se coucha l'esprit perturbé et la jeune fille s'agita pendant son sommeil.

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# Posted on Thursday, 19 March 2009 at 4:03 PM

37

~
Eragon redressa son buste, ses mains fourrées dans la crinière épaisse de Fölkvir, sa chevalière se glissant au milieu des crins immaculés de l'étalon. Son poids reporté vers l'arrière, le jeune dragonnier fit ralentir sa monture qui trépigna gentiment aux côtés de celle d'Arya. Il posa son regard sur la princesse qui descendit de son destrier lentement, d'un bond souple et mesuré. Le jeune homme marcha à ses côtés jusqu'à Vanir et Roran qui les avait attendus un peu plus loin.
L'elfe s'avança et salua son presque frère avant de porter ses deux doigts à sa bouche pour faire ses adieux à son semblable lui murmurant quelques mots complexe en ancien langages qu'Eragon ne comprit pas tous, le sens de la phrase lui échappa.
Alors Arya passa devant lui et le dragonnier la suivit. Elle demanda à son coursier de l'escorter et ce dernier obtempéra sans protester.
Ils s'éloignèrent tout deux en marchant dans la neige à un rythme de balades, se remémorant la soirée de la veille. Arya était venue le trouver, Oromis lui avait chargé de lui raconter l'histoire de l'infime partie de force profonde qu'elle transportait.

L'elfe s'assit auprès de lu dans la nuiti. Le dragonnier effectua les salutations d'usage et la princesse engagea rapidement la conversation :
- Regarde Dragonnier, et ouvre ton esprit. Nous n'avons pas beaucoup de temps, les jours raccourcissent et le Ramr n'est plus très loin. Tu vas devoir apprendre les différentes actions d'une force profonde spécifique. Comme vous l'on dit Glaedr et Oromis, les elfes de haut rang, comme ceux de ma famille ont en eux de minuscules poussières de la nature associé de la terre. La reine et moi en conservons la plus grande partie et des particules infimes sont dispersées dans toute l'Alagaesia et particulièrement dans le Duweldenvarden. Je vais vous montrer en quoi consistent ses actions pour que vous ayez une chance de l'identifier si elle croisait le chemin de vos destinées ou si, pour une raison ou une autre, tout les porteurs de cette force profonde soient dans l'incapacité de la contrôler.
Arya se tue pendant quelques instants et ils attendirent tout deux que Saphira les rejoigne.
La dragonne atterrit rapidement auprès d'eux d'un, ses griffes s'enfonçant dans le sable pourpre et or du désert du Hadarac, ses écailles brillant à la lueur de la lune en un bruissement étrange et fascinant.
Considérant un instant les deux jeunes gens assis l'un à côtés de l'autre- à distance respectable tout de même, elle vint se placer juste derrière Eragon, lui faisant profiter de sa chaleur corporelle pour l'aider à lutter contre le froid glaciale qui s'installait peu à peu.
Le regard d'Arya se perdit un instant dans le vide puis se figea sur les deux amis avec une gravité sans pareil :
- Ce que je vais faire peut-être assez déroutant, il est donc indispensable que vous soyez constamment sur vos gardes. En temps normal, il serait insensé de vous exposer à tant de risques, car vous savez qu'une autre force profonde, la votre, peut se manifester au contact d'une autre – en admettant que vous en portiez une un jour. Vous n'êtes absolument pas prêts à gérer ce genre de situation, beaucoup trop jeunes et c'est précisément pourquoi j'espère que cela ne se produira pas.
Eragon ne bougea pas mais il sentit Saphira l'interroger du regard, sa tête loin au dessus de la sienne. Il se contorsionna pour capter ses prunelles azurs et il finit par décréter en regardant l'elfe droit dans les yeux :
- Nous t'écoutons Arya-Svit-Kona.
La princesse sourit et déclara d'un air tendue et crispée :
- Ce n'est pas la peine, contenter vous plutôt d'ouvrir grands vos yeux et vos esprits. Soyez prudent. Et si vous sentez quelque chose d'anormal... surtout, avertissez moi.
Ils hochèrent la tête d'un air entendue et Arya se pencha en avant, sa paume tendue en avant, une ride plissant son front cernant son visage concentré.
Sa main droite s'illumina au dessus du sable en un vif éclat émeraude et en écoutant ses paroles, Eragon comprit qu'elle délimitait un espace circulaire restreint pour pouvoir effectuer son enseignement dans un contexte le plus sécurisé possible. Remarquant qu'il observait tout ces faits et gestes, l'elfe expliqua rapidement :
- Cela pourra limiter les dégâts si jamais les choses tournaient mal. Malheureusement cela ne nous garantie aucune sécurité réelle.
Le jeune dragonnier déglutit et Saphira se rapprocha un peu plus de lui, collant ses écailles tiède contre son compagnon.
C'est alors que le souffle d'Arya se fit plus léger dans la nuit et étrangement, il la regarda se recroqueviller sur elle-même, entourant ses genoux de ses bras et plongeant sa tête contre ses jambes. Le jeune homme la regarda rester dans cette position pendant une ou deux minutes, se demandant ce que la princesse fabriquait. Au bout d'un moment, il perçut à travers l'esprit de Saphira qui avait l'ouie plus fine que la sienne une sorte grondement grave et caverneux. La nature semblait se réveiller, sortant de son long sommeil, le sable sous lui devint chaud et l'air lourd et glacé se réchauffa. Le visage dissimulé par ses longs cheveux jais, Arya se mit à trembler légèrement, assez longtemps pour qu'il s'inquiète. La dragonne quand à elle semblait tenter de réfréner ses instincts et son souffle se faisant de plus en plus grandissant, ses flancs se soulevaient à des intervalles de plus en plus rapprochés.
La princesse resta dans la même position et sa respiration aussi s'accélérait, elle desserra simplement ses poings et autours de son corps des volutes couleur terre s'élevèrent, l'air se dessécha et les serpents de magie se teignirent d'un léger vert qui transparut à certains endroits. La respiration d'Eragon devenait de plus en plus difficile mais pour rien au monde il n'aurait renoncé à contempler cette danse qu'effectuait cette espèce de vapeur tortueuse magnifique autour de la personne qu'il aimait encore. Le contour des écailles de Saphira se démarquèrent et une lumière d'un bleu plus intense que jamais s'en dégagea, projetant des rayons autours d'elle.
Les lézards translucides ondulèrent en direction de l'espace délimité dont la demi sphère au dessus du sol s'illumina d'un marron sombre, recouvrant également le sable roux et or au sol.
Peut à peu, en une musique à la fois majestueuse et belle à en pleurer, reflétant une terrible souffrance, des dizaines de plants se mirent à pousser devants eux, des fleurs, un arbuste, de l'herbe et même de la mousse.
Eragon n'en crût pas ses yeux.
Au centre de l'espace ce trouvait la fleur magnifique que Flaevnir avait offert à Arya, elle se fermait et s'ouvrait à un rythme régulier.
D'un coup, il comprit ce qu'Oromis voulait dire quand il leur avait apprit qu'une force profonde n'en faisait qu'à se tête et représentait la plupart du temps les pensées et les désirs les plus profonds de son porteur. En se livrant à cet exercice pour le bien de son apprentissage, l'elfe mettait devant lui son âme à nu, ce dont elle n'avait peut-être pas envie. Le jeune dragonnier commença à froncer les sourcils.
C'est alors qu'il aperçue aux côtés de la fleurs de l'ancien amant de son aimée, son propre bouquets qu'il lui avait confectionné lorsqu'il était venue lui demander sa pardon. Il se troubla et parla d'un ton doux mais pressant ; il ne souhaitait pas en voir plus, cela lui était insupportable.
- Il suffit.
Sa voix avait frappée, douce et terrifiée à la fois.
Arya se tendit, ses mains se refermèrent et elle se remit à trembler. Les volutes de magie se cabrèrent en se débattant pendant quelques instants mais ils finirent par disparaître. Ils restèrent tout les trois silencieux. Seul le souffle de Saphira, qui, les griffes plantées dans le sol et sa queue zébrant l'air, peinait à retrouver son calme bien que la lumière se dégageant d'elle aie disparut.
L'elfe finit par prendre une voix douce et déclara, ses pupilles plus vertes que jamais :
- Comme vous le voyez, on ne peut pas toujours prévoir ce qu'une force profonde va faire, il est aussi difficile de l'arrêter ; aujourd'hui j'ai réussis sans trop de difficulté en partie grâce au temps, au lieu qui ne sont pas propice à son développement, le fait qu'elle côtoie ma famille depuis des générations aide énormément les choses. Elle est presque apprivoisée si vous préférez, même si le terme n'est pas vraiment approprié et encore moins définitif.
« Pour compléter vos connaissances, retenez surtout si un élément où un simple objet est étrange, beaucoup trop bien développé ou hors de son contexte.
Le jeune homme et la dragonne hochèrent brièvement la tête et se tournèrent une dernière fois vers le petit oasis crée par leur amie. Il était la preuve que ce que disais Arya était vrai.
La princesse se leva et s'approcha du cercle de fleurs et cueillit l'identique à celle de Flaevnir. Elle resta un instant dans cette position et Eragon fut pris d'une subite envie d'entourer ses épaules avec ses propres bras mais il se retint en crispant les points. L'elfe sourit, mélancolique et la fleur disparut en un léger sursaut sonore vert et marron. Sa voix se fit plus douce, presque inaudible.
- Après des centaines d'années d'entraînement, s'il est quasiment impossible -voir suicidaire- d'arrêter une force profonde en pleine action, il est envisageable de modifier le résultat.
Touts les autres pétales, tiges, mousse et bourgeons disparurent, seul le petit arbuste et la couche d'herbe épaisse restèrent.
Eragon fut presque peiné de voir ses fleurs se volatiliser, comme si Arya avait refusé son présent quelques mois auparavant mais cette dernière expliqua en souriant :
- L'air à beau être plus chaud dans le désert, leurs racines courtes ne leur auraient pas permit de s'abreuver en eau et elle aurait souffert du froid nocturne.
Le dragonnier répondit à son sourire et lui souhaita une bonne nuit.
Couché contre Saphira, il avait longuement songé au fait que son présent soit ancrée à ce point dans le corps et l'esprit d'Arya, il était même surprit qu'une représentation de lui y soit tant il avait l'impression d'être loin d'elle.
Secouant la tête, il chassa de ces pensées de sa tête et reporta son attention sur la princesse qui marchait légèrement en avant d'un pas léger et agile alors que lui-même avait l'impression de patauger comme un lourdaud à côté d'elle.
Quand ils furent assez loin du groupe, l'elfe se retourna vers lui et après un temps, elle murmura d'un ton lisse :
- C'est ainsi que nous nous quittons, Eragon.
- Transmet mes salutations à Nassuada, s'il te plait.
- Je n'y manquerais pas.
Après un silence, il rajouta d'un ton douloureux :
- Dis-lui aussi que j'aimerais pouvoir tenir mes engagements mais que mon devoir est d'abord de réparer mes erreurs. La première a été de quitté Carvahall sans prendre de précautions. La seconde de bénir Elva.
- Tu n'avais pas le choix, mais je comprends et je suis persuadée qu'elle aussi.
- Merci, Arya.
Et le dragonnier conclut :
- En tant que porteuse, gardienne de l'½ufs de Saphira et...amie, je pense et j'espère que tu pourra prendre ma place au conseils des nains- si les choses dégénèrent trop, car je conçois que ce n'est pas un rôle ni une fonction enviable. Et surtout auprès de Nassuada pour les grandes décisions, cela me soulagerais de savoir qu'elle n'est pas seule à cause de mes erreurs...
- Je le ferais, pour toi.
- Merci..., encore, Arya.
Elle sourit simplement et sauta d'un bond souple sur le dos de son destrier.
- Bon voyage. Fit-il en la regardant d'un air sérieux dissimulant son déchirement, tiraillé de la voir partir.
Son cheval trépigna et elle lâcha en le regardant droit dans les yeux :
- Une dernière chose, Eragon. Ne sous-estime pas Galbatorix et méfie-toi des Raz'acs. Fait aussi attention à toi et à Saphira. Tu sens comme l'air et lourd et comme les éléments sont capricieux ? Des choses se prépare, Eragon, des choses graves et dangereuse même – et surtout- pour un dragonnier et sa dragonne. Surveillez les manifestations dont Oromis et Glaedr vous ont parlés, la nature tout entière sorte du cercle des saisons et vos chemins risque de devenir plus étranges et périlleux que vous ne le pensiez. Soyez prudent.
Troublé, le jeune dragonnier hocha la tête, elle talonna sa monture qui partie au galop dans la neige vaillamment.
Il la regarda s'en aller, ses cheveux sombres volant aux grès du vent autour des ses hanches, après quoi le jeune homme fit demi-tour pour rejoindre ses compagnons de voyage qui l'attendait.
En passant devant son amie, il posa une main sur sa large épaule écailleuse et celle-ci lui transmit :
« Ce que tu as fait était juste, ce sera mieux pour Nassuada. »
Il hocha la tête mais ajouta :
« Ce que nous a dit Arya correspond avec toutes les mises en garde que l'on a pût nous faire et au pressentiment que nous avons depuis longtemps. J'ai l'impression que le ciel va nous tomber sur la tête. »
« Ne t'en fait pas, tant que nous sommes ensemble, tout ce passera bien. »
La confiance et l'assurance de son amie l'inquiétèrent presque, il n'en était pas aussi sûr qu'elle.


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# Posted on Thursday, 19 March 2009 at 4:11 PM

37( suite)

37( suite)
Le dragonnier remonta à cheval et tandis qu'il montrait à Roran la route à suivre, il glissa à Saphira avec un sourire:
« Je te laisse voler seule, histoire que tu profite un peu de tes derniers moments de divertissement près du désert avant nos recherche. J'aurais bien aimé partager ce moment avec toi mais je préfère garder mes forces pour le prochain combat. »
Elle renifla, dédaigneuse :
« De toute façon je m'en sortirait bien à moi toute seule. »
« Tu parles ! »
La dragonne lui lança une ½illade appuyée d'un air malicieux et s'envola en bondissant dans les airs, parfaitement dans son élément.
- C'est partit ! »
Roran, Vanir et lui demandèrent à leurs montures de prendre le galop et ils suivirent Saphira qui volait déjà haut dans le ciel.
Au bout de quelques heures, la neige se fit moins épaisse et malgré leur fatigue, les chevaux avancèrent d'un train plus soutenu et leurs oreilles se dressèrent en avant. La plaine devant eux était dépourvue de vie, de plants, seul la neige, quelques arbustes desséchés par l'hiver et de rares empreintes de rongeur peuplaient de paysage recouvert d'un manteau blanc qui s'étalait devant eux. Au bout d'un certain temps, une pente obligea les chevaux à pousser sur leurs jarrets pour conserver une allure rapide. Parvenue en haut de la colline, les cavaliers stoppèrent immédiatement leur monture, stupéfait par la beauté et la sauvagerie de la vue.
Devant eux, à environ une trois cent mètre de la colline où il s'était tous figés, se trouvait le Ramr.
Mais Eragon ne voyait nulle part les flots déchaînés de ces souvenirs, ceux qui les avaient obligé, lui, les chevaux et Murtagh à traverser sur le dos de Saphira ;
Murtagh... Le dragonnier repoussa vivement tous souvenirs sur le parjure et se concentra sur l'instant présent. Les flots sombres, et tumultueux s'étalant sur plusieurs centaines de mètre de largeur s'étaient transformés en une mer de glace dont la dentelle et le cristal réfléchissait chaque rayon du soleil. Des langues d'eau figées, plus obscures que les autres léchaient le diamant lumineux et fascinant des flots sauvages entravés par le froid.
Mais la beauté des lieux n'avait d'égal que les arbustes dépourvue de bourgeons qui, éclaboussé par l'eau du fleuve, semblait enrobée d'un diamant des plus pures et des plus fins.
Le jeune homme inspira un grand coup et une goulée d'air entra dans sa trachée puis dans ses poumons. Il jeta un regard incertain à Vanir mais se reprit rapidement et demanda d'une voix rendue rauque par l'atmosphère environnante à son destrier d'avancer.
« Eragon, attends ! »
Le dragonnier tourna la tête en direction de Saphira qui venait tout juste d'atterrir, faisant bondir un nuage de poudreuse.
« Quoi ? »
« Je préférerais vous faire tous traverser, un par un. »
« Pour quelles raisons ? Il n'y a aucun risque. Tu as vu le froid qu'il fait ? L'eau est assez gelée pour que nous puissions passer sans problème ! »
Elle cligna plusieurs fois ses paupières écailleuses et finit par avouer :
« Je ne suis pas rassurée, les éléments sont capricieux en ce moment... »
« De toutes façon il ne sera pas prudent non plus que tu transporte les chevaux car en ajoutant le poids de nos victuailles, le tout sera vraiment lourd pour ton aile tout juste rétablie... »
Saphira resta immobile pendant quelques secondes et finit par lancer d'un ton vif :
« Je volerais près du sol, au cas où... »
Eragon hocha la tête, satisfait par le compromis. Il fit signe à Vanir que leurs plans n'avaient pas changé et demanda à sa monture d'avancer. Le groupe se mit en marche d'un pas soutenue dans la neige profonde tandis que la dragonne rasait le sol, décrivant au dessus de leurs têtes de larges cercles concentriques en se laissant parfois planer pour reposer ses muscles.
Les chevaux cessèrent petit à petit de peiner pour continuer à avancer ; la neige devenait de moins en moins profonde et sa hauteur stagna aux alentours des paturons de leurs montures pendant de nombreuses minutes. Alors qu'ils étaient encore à une centaine de mètre de la mer de glace, Folkvïr dérapa sur le solen roulant des yeux, effrayé. Glissant sur les postérieurs, le cheval manquant de tomber sur le flanc. Eragon dut imposer son esprit dans le sien pour le convaincre de s'immobiliser le plus vite possible, et l'étalon finit par se stabiliser sur la neige en se capant sur ses membres plantés dans la neige. Vanir fronça les sourcils et le jeune dragonnier mit pied à terre. Saphira atterrit précipitamment en glissant dans la poudreuse. Son compagnon se baissa alors après s'être assurée que personne n'avait rien. D'un coup de pied, il déblaya la neige devant lui et creusa avec ses doigts tremblants un trou plutôt profond. Ses ongles crissèrent et Eragon entendit Roran et Vanir descendre de cheval pour le rejoindre.
-Qu'il y a-t-il, Dragonnier ? Demanda l'elfe.
Il jeta un regard à sa dragonne et se gratta le menton d'un air ennuyé avant de montrer ce qu'il avait découvert :
- C'est étrange.
Sous eux se trouvait une immense plaque de glace.
- Le Ramr a dut déborder juste avant de geler, suggéra Roran.
Vanir contra :
- C'est peu probable, où alors la situation est plus anormale que nous l'avons pensé...
« Qu'en penses-tu, Saphira ?
« Restons sur nos gardes. Ca ne me plait pas plus qu'à toi, mais j'ai le pressentiment que cette traversée ne vas pas être de tout repos, les démons sous l'eau s'agitent. »
« Pardon ? »
« Pose ta main sur la glace. »
Le jeune homme s'exécuta en s'accroupissant dans la poudreuse et posa sa paume sur la surface glacée qu'il venait de dégager. Sous ses doigts, Eragon sentit une sorte de tremblement comme si une bête tapie sous la couche de cristal grondait, prête à bondir. Le bruit sourd et menaçant mis en garde le dragonnier qui se releva et demanda à Vanir :
- Penses-tu que l'eau continue à couler en dessous du verglas ?
- Probablement.
« Ce n'est pas que ça Eragon, quelque chose arrive. »
L'inquiétude de sa dragonne, d'ordinaire sûr d'elle, crispa un peu plus le jeune homme. Se tournant une fois de plus vers l'elfe, il remarqua qu'il semblait aussi tendu que lui, peut-être même plus. Sa respiration était légèrement saccadée et sa poitrine se soulevait en un mouvement imperceptiblement précipité que seul ses nouvelles capacités lui permettaient de distinguer. Vanir s'aperçu qu'il était observé et le jeune dragonnier détourna la tête pour ne pas le gêner et ce dernier prit la parole :
- Nous sommes obligé de nous arrêter pour la nuit. Hâtons-nous, il nous faut atteindre le refuge avant la nuit.
Il remonta brusquement sur son cheval et Eragon l'imita. Roran se remit en marche avec eux en restant à la hauteur de son cousin :
- Que se passe-t-il ?
Le dragonnier hésita avant de répondre franchement :
- En réalité nous n'en savons rien. La nature se comporte étrangement, le temps est imprévisible et le crépuscule arrivera dans quatre heures, tout au plus. C'est pour cette raison que nous sommes tous aussi prudent.
Son presque frère hocha la tête et relâcha ses rênes en cuir pour que son destrier puisse étendre l'encolure et regarder où poser les pieds.
Saphira volait plus bas que jamais. Ses écailles se reflétaient dans la glace et l'eau gelée scintillait sur son passage.
Ils passèrent à travers les vagues figées précautionneusement tout en gardant un train soutenue, peu tentés par l'idée de passer la nuit à même la glace ; ce qui signifiait pas de feu donc certainement une mort par hypothermie – sans conter les risques qu'encourait un voyage de nuit sur l'immense fleuve de glace.
La dragonne battait furieusement l'air des ses ailes puissantes et Eragon l'avait rarement vu aussi nerveuse. Quand il lui demandait ce qu'il la tenaillait, elle était incapable de répondre et déclarait :
- L'air est beaucoup trop lourd. Je sens des choses, Eragon, ne me dit pas que tu n'as rien remarqué.
Et c'était vrai, le jeune homme sentait l'électricité dans l'atmosphère, ses muscles tendus et il s'aperçue plusieurs fois que la Gedwëy igniasia scintillait faiblement par tressautement. Le pressentiment d'être cerné de tout côté étreignait ses épaules raides et ses yeux attentifs scrutaient l'horizon, se retournant de temps à autre pour regarder derrière eux, ayant l'impression d'être suivit.

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# Posted on Thursday, 19 March 2009 at 4:14 PM

37 (suite2)

37 (suite2)
Le soleil parcourue sa course, imperturbable, et le peu de chaleur qu'il émettait était rejeté par la glace et le froid qui avait prit possession de l'Alagaesia.
Eragon humecta ses lèvres une énième fois- tout en sachant que cela les assècherait encore plus. Son nez était rougi par les températures qui avaient encore dégringolées. Son cheval étendit l'encolure pour étirer la ligne de son dos tendue et crispée par leur longue marche sur la glace dure et glissante.
Le dragonnier mit pieds à terre pour soulager sa monture et continua à avancer tandis que Roran l'imitait. Vanir marchait devant et le jeune homme pouvait voir ses épaules se soulever à des intervalles beaucoup trop rapides. Sa silhouette tressautait en de petits sursauts nerveux, sa main gauche se crispait sur les rênes et la gauche était posée sur l'épaule de son destrier, comme s'il était défaillant. Ses doigts s'enfonçaient dans le poil d'hivers de la jument qui tourna sa tête immaculée vers sa tête, semblant comprendre ce qui se tramait. Eragon ne quitta pas du regard Vanir ; de là où il se trouvait, le dragonnier pouvait percevoir la respiration saccadée de son compagnon de voyage sans même étendre son esprit jusqu'au siens. Son souffle était tout simplement difficile et au fur et à mesure que ses poumons s'emplissaient et se vidaient, un sifflement rauque venait crisser aux oreilles sensibles du jeune homme rendu pourtant sourdes par le froid.
A plusieurs reprise, Eragon dut se faire violence pour ne pas se rendre auprès de lui et lui demander se qui se passait mais à chaque fois qu'il était sur le point d'aller le voir, il réfrénait cette envie. De toute évidence, Vanir soufrait de quelque chose, mais il souffrait seul.
Pour cette raison, Eragon ne se sentait pas le droit de le rejoindre mais son inquiétude grandit quand l'elfe laissa tomber les rênes au sol en un hoquet de douleur en portant sa main à sa tête en tremblant. Roran l'interrogea du regard et le dragonnier bondit en avant pour porter secourt à son compagnon. En deux trois enjambée, il fut auprès de Vanir et le retint juste avant qu'il ne s'effondre au sol.
« Eragon ! »
Tenant toujours son compagnon par les épaules il releva la tête vers la dragonne. Son cri avait transpercé son être ; il était remplit d'une terreur sans pareil.
Saphira atterrit en catastrophe, ses griffes crissant sur la glace. Le dragonnier croisa son regard, il était horrifié. Vanir se remit péniblement sur ses pieds pendant que le visage d'Eragon était balayé par une bourrasque doucereuse qui vint cingler son visage, éveillant une odeur qui tétanisa le dragonnier ; c'était celle de la peur.
Il se retourna brusquement derrière eux, de là où ils venaient et le souffle coupé, les yeux exorbités, Eragon sentit toutes ses forces l'abandonner.

A une lieue de là se dressait dans le ciel bleu une masse sombre et gigantesque, plus haute que l'altitude qu'il avait réussit à atteindre en volant avec Saphira. Couvrant la moitié de la vue que ses yeux parvenaient à envelopper, la masse de nuages à la fois sombre et clair tournoyait à une vitesse lente et menaçante.
- Une tempête de neige! S'écria Roran.
Eragon se raccrochât aux yeux dilatés de Vanir qui était également pétrifié.
Il se retourna avec terreur en direction de l'atrocité.
Ce n'était pas une tempête, c'était bien plus que çà.
La masse tournoyante fut traversée par plusieurs éclairs fulgurants et elle s'étala en bondissant furieusement.
C'est là qu'Eragon comprit.
Il sentait le sol trembler comme quelques heures auparavant, à la différence près qu'il n'avait pas besoin de creuser et de poser sa paume contre la glace pour percevoir un imperceptible grondement ; il était debout et devant lui des fragments de glace bondissaient à plusieurs centimètres du sol. Le grondement s'amplifia et les chevaux commencèrent à reculer en roulant des yeux, paniquant.
« Eragon !».
Le ciel se déchira et ils réalisèrent tous en même temps que la chose arrivait droit sur eux.
Vanir se hissa difficilement sur sa jument qui poussait se levait sur ses postérieurs, étouffant un gémissement de douleur. Eragon l'imita à toute vitesse suivit par son cousin. Il enfonça ses talons dans les flancs de sa monture et hurla :
- Vite !
Les chevaux partirent à toute allure et Saphira décolla en poussant l'air capricieux sous elle. Galopant ventre à terre sur le verglas, les destriers ne devaient leur salut qu'à leur adresse légendaire.
Eragon se pencha en avant et poussa sa monture qui accéléra encore. Il tourna la tête derrière eux et constata avec horreur que la tempête les précédait et les prendrais de vitesse incessamment sous peu. Dans moins de deux minutes, ils seraient tous happés et broyé par l'entité monstrueuse qui roulait à vive allure dans leur direction. Devant eux ils n'y a avait que cette vaste étendue de glace soulevée à certain endroit par d'immense vague figée, ils aillait tous mourir, Eragon ne voyait nul par où aller mais Vanir se tourna vers eux et s'égosilla :
- Suivez-moi !
Il ouvrit ses doigts et Folkvïr allongea courageusement ses foulées, il jeta un regard en direction de son cousin. Il peinait derrière eux, son cheval prenait du retard sur eux.
- Dépêche toi ! Hurla Eragon dans le blizzard qui les avait gagnés.
La tornade n'était plus qu'à trois cent mètres.
Faisant virevolter sa monture derrière un immense rocher à moitié recouvert par un gigantesque vague de glace, Vanir disparut avec sa monture derrière. Folkvïr se précipita à sa suite, dérapant dans le virage, contournant en catastrophe le grès sombre. Il entendit à peine les martèlements du cheval de derrière, il ne savait pas si s'était à cause de la tempête ou de la distance entre eux.
Eberlué, il se releva la tête en regardant où Vanir les menaient.
Devant eux s'étalait cinq cent mètre d'une couche de poudreuse recouvrant la glace et au bout, une gigantesque cascade. Figée en une multitude de stalactites qui pointaient leurs extrémités pointus vers le sol, tel des poignards près à ôter la vie, leur blancheur tranchant avec le ciel encore bleu
Vanir accéléra encore et Eragon jeta Folkvïr sur les empreintes de ce dernier.
Inquiet, il releva la tête vers les cieux et aperçue avec soulagement Saphira aux dessus de lui qui se débattait avec l'air tumultueux.
Parvenue à deux cent mètre de la chute de glace, Eragon se retourna en entendant un cri. Il jura.
Le cheval de Roran venait de tomber au sol ; déséquilibré par le vent, il tomba sur l'épaule droite en un bruit lourd.
- Roran ! Hurla le dragonnier.
De toutes ses forces, il rabattit sa main sur le côté et fit tourner Folkvïr qui dérapa en un bruit sinistre mais Saphira zébra l'air de ses ailes puissantes.
« Ne t'en fais pour lui ! Je m'en occupe, Va-t'en ! »
Le dragonnier la regarda foncer vers la tempête avec déchirement mais continua à avancer en direction de Vanir qui allait droit sur le bord de la cascade, à l'endroit où la glace n'avait pas recouvert la roche. Une faille haute d'une vingtaine de mètre et large de trois traversé par une roche à deux mètre du sol. Pendant que Folkvïr filait à toute allure à la suite de l'elfe, Eragon tourna la tête.
Saphira avait saisit Roran par les épaules en l'agrippant de ses serres en le soulevant, à seulement à une centaine de mètres de la chose sombre qui fonçait droit sur elle. Luttant contre les bourrasques violente, elle déposa directement le jeune homme sur la selle de son cheval qui galopait ventre à terre vers eux, il retomba durement sur le siège et serra les jambes, cherchant à conserver son assiette sans les étriers.
Roran était hors de danger, enfin presque. Saphira allait battre l'air de ses ailes fatiguées par l'effort pour s'extirper de la tornade. Un simple battement qui l'aurait mit hors d'atteinte du monstre qui continuait à avancer en projetant des éclats de glace et de la neige devant eux. L'air se déroba sous elle et, surprit par cette trahison soudaine, elle sombra.
Eragon hurla en la voyant se faire happer en direction la tempête tumultueuse, il fit demi-tour et fonça à tout allure dans sa direction. Le jeune homme vit sa silhouette se troubler, à demi dévorée par l'entité.
« Saphira ! »
Ce cri déchirant avait été aussi audible que mentale. L'esprit de sa dragonne de répondait plus et il la vit disparaître en un tourbillon d'écaille bleue au milieu du magma de nuages sombres et d'éclairs.

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# Posted on Thursday, 19 March 2009 at 4:17 PM